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Résumé :

« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’’asile.
— Et alors, qu’y-a-t-il d’’extraordinaire à cela ? demandai-je.
— Sous sa robe, c’’est là que je les ai cachés.
— De quoi parlez-vous ?
— Les cahiers… Ceux de Rose. »

Ainsi sortent de l’’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.
Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec  »Né d’aucune femme » la plus vibrante de ses oeuvres.
Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’’âme humaine.

Ce que j’en pense :

C’est un conte cruel que nous livre ici l’auteur avec son roman « né d’aucune femme ».

Nous sommes loin des douces figures éthérées du romantisme. Rose va être vendue à l’âge de seize ans par son père Onésime à un maître que j’appellerai « l’ogre ». Elle va être bonne au château de « la vieille », la mère du maître. Il y a aussi Edmond, Gabriel, le médecin et Génie. On observe ni unité de temps, ni unité de lieu car tout est permis dans ce récit. On pourrait le commencer par « Il y a bien longtemps… ». Je suis revenue en arrière bien souvent lors de ma lecture pour me rafraîchir la mémoire d’une scène frappante, scènes vues en grande partie par les yeux de rose qui juge, souffre et se tait. J’ai aussi abandonné ma lecture pendant quelques semaines avant de la reprendre car c’est une fable qui se digère. La tension narrative est énorme et absolue ce qui donne une force et un dynamisme au récit. Les conflits apparemment sont sans issues pour Rose et pourtant on espère avec elle jusqu’au bout. Rose collectionne les obstacles, elle connaît l’abandon, elle vit l’exclusion… Elle  est pieds et poings liés livrée à un tyran perfide, soumise à sa tourmente mais sa quête pour la liberté est à chaque instant assurée, ferme et décidée. C’est aussi une des fables  les plus fortes qui ait été écrite sur la condition des servantes en même temps que la description du regard de Rose sur sa condition de femme humiliée.  Elle est intrépide, elle brave tous  les dangers, elle est vaillante. Il y a du Charles Dickens et une touche d’Emily Brontë avec les « hauts de Hurlevent » dans cet opus. Un auteur à découvrir absolument.

Une réflexion sur “Né d’aucune femme de Franck Bouysse

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