les garcons

 

Les garçons de l’été ou la malédiction des Atrides. D’abord Rebecca Lighieri pose ses personnages sur l’échiquier : les deux frères, Thadée et Zachée, deux beaux gosses, brillants, sportifs et férus de planche à voile. Mylène, la mère éperdue d’amour et d’admiration pour ses fils et plus particulièrement pour son fils aîné Thadée. Puis nous avons Jérôme, le père, pharmacien, tourmenté et hanté par le malheur qu’il a déclenché étant trop heureux avec sa maîtresse. Et puis il y a Ysée, la petite sœur sans empathie aucune et qui voit tout ce qui se trame dans cette famille. Est-elle comme Thadée,  je le pense sauf qu’elle ne succombe pas à ses mauvais instincts. Une fois les personnages disposés sur l’échiquier, c’est alors l’envol vers un monde de tragédies. Cette famille bourgeoise bien sous tous rapports va se fissurer,  aller à la dérive, le bonheur insolent que dégage malgré lui Zachée deviendra insupportable pour Thadée et c’est ainsi que grossit un énorme chagrin qui se transformera  en une haine implacable, haine qui conduira à la tragédie finale.  Après l’accident terrible qu’il a vécu, les lendemains de Thadée sont faits de désespoir et de haine. Il n’a plus d’espérance, il a désappris à aimer et à espérer. Surgissent, bien sûr tout au long de ces pages graves, des images bibliques et de mythologie avec l’esprit de vengeance qui ne cessera d’imposer sa justice barbare que lorsque celle-ci sera rassasiée. Avec les garçons de l’été nous entrons dans la démesure et dans la furie des sentiments. C’est un roman qui secoue, qui déstabilise, qui bouscule nos repères scandés par le rythme implacable d’une tragédie grecque. Nous sommes entre deux mondes, le bien et le mal, l’ombre et la lumière, le rire et les larmes. Les faits sont distillés au compte-goutte et l’angoisse monte crescendo. C’est un roman choral où les voix se croisent sans parvenir à se toucher, chacun dans son monde, chacun dans sa bulle, chacun avec son histoire.  S’il est un roman qu’Alfred  Hitchcock eût voulu adapter c’est bien celui-ci car il puise toute sa force dans une inquiétante étrangeté et dans les méandres de la folie.

Une réflexion sur “Les garçons de l’été de Rebecca Lighieri

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