Album de famille de Stéphan Sanchez

Éditeur : Les Orfèvres (21/09/2020)

Album de famille par Sanchez

Résumé :

Le jour de ses 30 ans, un libraire reçoit la visite d’une préadolescente affirmant être sa fille. Or, cet homme, résolument homosexuel, n’a jamais connu de femme. Face à la détermination de cette jeune fille, les certitudes de l’homme sont ébranlées. Aurait-il pu oublier une nuit d’amour avec une ancienne camarade de lycée? A moins que cette histoire ne soit inventée de toute pièce… Comment démêler le vrai du faux? Se dessine alors l’histoire d’une famille où les non-dits apparaissent comme les maîtres irrésistibles du destin.

Je dois te dire Stéphan que j’ai lu d’une traite « album de famille » livre paru aux Editions les Orfèvres. Stéphan Sanchez sait instiller le doute dans l’esprit du lecteur avec des personnages ambivalents. L’univers de l’auteur est proche de celui de William Collins et de celui de  Kate Morton avec cette jeune fille égarée qui affirme être la fille du libraire mais celui-ci  n’a jamais eu de rapports avec des femmes étant homosexuel.  C’est envoûtant, est-elle medium ou dit-elle la vérité ? L’auteur nous fait ressentir avec des mots justes et avec une écriture délicate une belle humanité chez ses personnages et  nous propulse dans une atmosphère à la limite du gothique anglais. C’est un jeune écrivain de l’éveil qui sait faire place au romantisme mélancolique lorsqu’il le faut et qui choisit le plus court chemin pour parler des méandres de l’esprit car lorsque l’imagination vagabonde et est mise à rude épreuve celle-ci est vite débordée. C’est le cas de ce libraire qui se remet en question car aurait-il vraiment  fauté lors d’une soirée bien arrosée ?  Lucidité tonique et généreuse dans les rapports humains chez Stéphan Sanchez qui est décidément un jeune écrivain du sud qui fera parler de lui et je m’en réjouis.

Le dernier enfant de Philippe Besson

Éditeur : Editions Julliard (07/01/2021)

Le dernier enfant

« La maison, c’est la maison de famille c’est pour y mettre les enfants et les hommes,  pour les retenir dans un endroit fait pour eux, pour y contenir leur égarement, les distraire de cette humeur d’aventure, de fuite qui est la leur depuis les commencements des âges » Marguerite Duras.

Philippe Besson est l’écrivain des sentiments. Avec ce livre il retrace l’histoire intime et secrète d’une mère de famille qui voit son dernier enfant s’en aller pour aller étudier dans une grande ville.  La mère semble bouleversée par ce départ et par l’émancipation de son dernier enfant autant que par une disparition définitive. Le roman se déroule sur une journée. L’aller, le studio dans lequel  les cartons de Théo sont déchargés. Le restaurant où la mère contemple sa famille réunie pour la dernière fois. Le retour avec la mélancolie qui surgit et la fin des jours heureux, comment va-t-elle sortir de cette épreuve surtout lorsqu’on n’a pas l’habitude de dire les choses. De son point de vue personne n’est capable de la comprendre. Philippe Besson sait magistralement nous restituer  les émotions  d’une femme qui est devenue mère et qui le restera pour toujours. C’est surtout un formidable coup de force de la part de l’auteur d’avoir réussi à analyser les émotions d’une mère avec toutes ses contradictions car c’est être à la fois une éducatrice bienveillante, aimante bien sûr, protectrice, attentive avant tout et puis lorsque le dernier enfant vole de ses propres ailes la mère devient invisible. Il y a séparation par conséquent  elle doit faire sa vie sans lui alors que jusqu’à présent elle avait fait sa vie autour de lui. Son fils a mobilisé son temps, a souvent mis à rude épreuve sa patience mais elle avait un but dans la vie et à partir de maintenant comment va-t-elle la remplir cette vie. Jeu étonnant de l’effacement après avoir été indispensable et nourricière. Si comme le dit Simone de Beauvoir on ne naît pas femme on le devient, je dirais qu’on ne naît pas mère on le devient. Et puis comment gérer ses émotions lors du départ de son dernier enfant dans une famille où l’on n’exprime pas ses sentiments,  où l’on ne dit pas qu’on s’aime, ou l’on n’évoque pas ses souvenirs qu’ils soient bons ou moins bons.  Le tragique dans cette histoire demeure dans cette impossibilité de dire. La mère mutique, la bouche ouverte veut crier mais aucun son ne sort. Et puis que va devenir son fils sans elle, cette crainte ancestrale et bien présente, la séparation, la fin de la famille, la fin des jours heureux. Les années passent et ne reviennent pas et voilà qu’elle a 50 ans. Comme le dit si bien l’auteur lui-même, « chaque petite chose du quotidien se transforme en vertige face à l’horizon inconnu qui s’ouvre devant elle ».  Un véritable coup de cœur.

Un mariage en été

de Beatriz Williams

Éditeur : Belfond (01/07/2021)

Un mariage en été - broché - Beatriz Williams, Julia Taylor - Achat Livre  ou ebook | fnac

Résumé :

Miranda Schuyler n’est qu’une adolescente lorsqu’elle découvre l’île de Winthrop pour la première fois, durant l’été 1951, à l’occasion du mariage de sa mère et du richissime Hugh Fisher. Plongée dans une vie de cocktails, de swimming pool parties et de country club, Miranda est également fascinée par la petite communauté de pêcheurs portugais installée sur l’île depuis des générations et notamment par Joseph Vargas, le fils du gardien du phare.Mais les rapprochements entre les deux clans sont mal vus, pour ne pas dire impossibles. Et alors que Miranda tisse des liens de plus en plus forts avec Joseph, un drame ne tarde pas à éclater qui brise le destin de chacun…Dix-huit ans plus tard, Miranda revient sur cette île qu’elle ne pensait jamais revoir.

Mon avis :

Le titre à lui seul offre une sensualité, un parfum de secret qui éveille en nous le désir de découvrir ce qui se cache au détour de ces deux mots dont la douceur a quelque chose d’une tragédie annoncée. Je me suis prise au jeu de cette histoire au beau milieu du livre. Beatriz William décrit avec une ironie fascinée et une férocité feinte deux sociétés qui s’affrontent et se font face, celle d’une communauté portugaise profondément croyante et catholique et celle de nantis protestants qui se retrouvent le temps d’un été et se croient sans doute tout permis. Leur cohabitation va mettre au jour leurs espoirs et leurs désillusions. On suit à des époques différentes la vie de Bianca en 1930, celle de Miranda en 1951 puis en 1969 lorsqu’elle est de retour sur son île à Greyfriards, moment qui aurait dû marquer le dix-huitième anniversaire de mariage de sa mère avec Hugh Fisher, si celui-ci avait été encore en vie. Une belle romance qui vous prend par la main le temps d’un été avec un style d’écriture souple et tendre lorsqu’il le faut et sensuel si nécessaire. Le livre de l’été à ne pas manquer.

CE QUE NOUS CONFIONS AU VENT

De Laura Imai Messina

Livre: Ce que nous confions au vent, Laura Imai Messina, Albin Michel,  Romans étrangers, 9782226450289 - Leslibraires.fr

« Ce que nous confions au vent » est un sursaut en plein cœur de la vie pour parler avec les défunts. Yui est journaliste et a perdu sa mère et sa fille lors du tsunami de 2011 au Japon. C’est au moment d’une interview qu’elle est bouleversée par le témoignage d’un homme qui se rend très souvent dans une cabine téléphonique  au milieu de nulle part pour partager des moments délicats avec son épouse disparue. Le téléphone du vent c’est un peu comme le kintsugi, il répare non pas les objets cassés mais les âmes fracassées. Yui décide de se rendre sur les pentes du Mont Kujira-Yama à Bell Gardia pour établir une relation avec sa mère et sa fille. Mais une fois sur place, trouvera-t-elle les mots ?  A Bell Gardia elle y rencontrera Takeshi qui lui aussi veut parler à sa femme disparue pour apprendre à continuer à vivre sans elle et surtout pour que sa petite fille récupère ce qu’elle a perdu, la parole. A qui peut-on parler si ce n’est à notre mère, à notre père ou à notre enfant disparu pour lui dire que finalement ce qui est trop lourd à porter nous voulons le partager avec lui ou avec elle grâce au téléphone du vent qui emporte les voix vers le firmament. Laura Imai Messina nous en dit long avec ce très beau livre sur la résilience car où puise-t-on la force pour se relever d’un sommeil qui se noie dans les profondeurs de l’infini ? C’est un livre d’une grande beauté et d’une grande profondeur qui mérite toute notre attention.

CEUX QUI PARTENT

De Jeanne Benameur

Actes Sud / Août 2019

Jeanne Benameur nous explique avec des mots choisis qui nous transportent ce qu’est l’exil en cette année 1910 sur Ellis Island.  Ceux qui partent ont de multiples raisons. Gabor veut fuir son clan, Esther l’arménienne, la survivante, rêve de dessiner des tenues pour des femmes libres. Donato et sa fille Emilia, des lettrés italiens veulent tourner une page de leur vie en laissant les cendres d’une mère et d’une épouse aimée derrière eux pour se reconstruire. Ceux qui partent souhaitent  donner un sens à leur vie pour qu’elle ne soit pas totalement absurde. Ils n’oublieront pas leur passé pas plus qu’ils ne l’utilisent pour s’apitoyer. Personne ne peut oublier un évènement qui a fait basculer sa vie. Ceux qui partent tentent de vivre avec force malgré les blessures. Le voyage est éprouvant, il faut se taire, ne pas se faire remarquer et passer les différentes étapes pour se faire accepter en Amérique. Le pays de tous les possibles, la liberté n’est pas un rêve mais bien une réalité à laquelle on doit faire face. Ceux qui partent acceptent la souffrance et l’effort. Ceux qui partent espèrent trouver dans un regard bienveillant le respect qui donne la force de vivre. Les hommes et les femmes vont et viennent, s’approchent et s’éloignent dans le temps d’une vie à Ellis Island derrière l’objectif du jeune photographe New-Yorkais Andrew Jonsson qui lui aussi est rattaché à Ellis Island par ses ancêtres venus d’Islande. Jeanne Benameur nous transporte sur cette île avec un texte qui mêle prose et poésie.  C’est une romancière qui possède sa propre manière de colorer ses textes, de les rendre uniques. On ressent étroitement ce que vivent les personnages en nous faisant entrer subtilement dans leur univers en sondant les corps et les cœurs avec une grande facilité. L’âme humaine n’a décidément aucun secret pour elle. Un grand roman plein de finesse et d’élégance.

Là où chantent les écrevisses

de Délia Owens

Amazon.fr - Là où chantent les écrevisses - Owens, Delia - Livres

Délia Owens aspire le lecteur dans une histoire douce/amère où il est question d’abandon – de meurtre –de  pauvreté – de  trahison mais aussi  d’éveil à l’amour – de liberté – de confiance – de loyauté – de pureté. Une fois tout cela exposé, les moteurs se gonflent d’un souffle éthéré et nous entraîne dans les marais de Caroline du Nord où vit Kya. On parcourt avec elle des paysages où les cris d’oiseaux se font échos et où la netteté silencieuse des plantes aquatiques bat au pouls de l’univers dans son propre espace-temps.  Kya, seul être vrai, vibre intensément au contact de cette nature insolite qui s’ouvre à elle et la requiert toute entière par son étrangeté. Sevrée de tout, livrée à elle-même par l’absence de parents, elle s’invente avec curiosité et avec intensité un univers le balisant comme un territoire de recherche en biologie animale et végétale. Un véritable envol vers un monde cosmogonique et poétique. Mais Kya n’est pas une fille comme les autres, c’est la fille des marais et c’est ce qui dérange la petite communauté  locale et lorsque l’irréparable se produit elle ne peut plus compter que sur elle-même.  Délia Owen s’affirme ici avec un roman  plein d’éclat, un récit puissant, splendide, un coup de cœur.

CE QU’IL ADVINT DU SAUVAGE BLANC

De François Garde

Éditeur : Gallimard (29/08/2013)

Ce qu'il advint du sauvage blanc - broché - François Garde - Achat Livre |  fnac

Encore un souvenir de lecture qui m’a fortement marquée c’est pourquoi j’ai eu envie de le partager avec vous. C’est une aventure extraordinaire et douloureuse que celle vécue par Narcisse Pelletier, jeune mousse vendéen au milieu du XIXème siècle. C’est alors un jeune matelot, non aguerri lorsque sur ordre du capitaine il est débarqué en chaloupe sur une plage d’Australie avec pour mission de découvrir un point d’eau pour sauver les malades de l’équipage. N’ayant rien trouvé il revient sans tarder vers la baie rejoindre ses camarades, mais le St Paul a levé l’ancre. Il se retrouve seul avec son lot d’angoisses, de solitude absolue et de souffrances sur une terre inhospitalière. Peu à peu ses forces l’abandonnent quand lui apparaît le visage d’une vieille femme. D’autre part à Sidney en 1861 le gouverneur propose à Octave de Vallombrun, géographe de son état de s’occuper d’un homme appelé « le sauvage blanc » afin qu’il retrouve un semblant d’humanité pour réintégrer une vie dite normale parmi les siens. Mais après avoir vécu 17 ans auprès de chasseurs-cueilleurs aux codes sociaux bien éloignés des nôtres, comment Narcisse va-t-il vivre cela ? Ce roman est passionnant d’authenticité et de justesse. Ce personnage qui a réellement existé m’a bouleversée. Je laisse aux lecteurs et aux lectrices le soin de lever le voile sur cette histoire pour y découvrir une aventure humaine hors du commun.

L Éternité n est pas de trop

L’éternité n’est pas de trop de François CHENG

Éditeur : Albin Michel 01/01/2002

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Dao-Sheng et Lan-Ying ou la vive flamme de l’Amour…
Dao-Sheng jeta un coup d’oeil vers le paravent et vit la future épouse du deuxième Seigneur Lan-Ying qui le regardait elle aussi avec beaucoup de candeur mais pour avoir trop regardé du côté du paravent, Dao-Sheng fut condamné au bannissement et aux travaux forcés. Dao-Sheng tombe très vite dans le gouffre du malheur. La vie qu’il avait avant dans sa troupe de théâtre était dure mais il était libre. La privation de liberté devenant intolérable, il finit par s’enfuir et décide de se rendre dans un monastère taoïste. Le grand maître remarqua particulièrement sa grande intelligence et lui enseigna l’art de la médecine et de la divination. Treize années se sont écoulées et le maître décéda. Dao-Sheng descend alors du monastère pour franchir les montagnes et les fleuves afin de revoir cet amour qui l’obsède depuis toujours. Cette passion d’il y a trente ans est toujours brûlante. C’est cet amour retrouvé que nous fait revivre François Cheng à travers une écriture pleine de délicatesse pour nous décrire ces deux êtres d’exceptions unis par une dimension spirituelle, accord secret de deux âmes au-delà des mots. Dame ying est la beauté, la vertu, la vie, on pourrait presque la vêtir d’un vêtement céleste. Et puis l’auteur a aussi une écriture ciselée et mordante pour nous décrire le deuxième Seigneur qui est un personnage fort détestable. Je vous conseille mille fois de lire ce conte fabuleux lu il y a maintenant 3 ans et qui m’a transportée vers les contrées oubliées de l’Empire du Milieu.

D’OR ET DE COLERE DE KARIN TANABE

Belfond Parution le 3 juin 2021

D'or et de colère | Lisez!

Le roman de Karin Tanabe nous révèle un pan méconnu de l’histoire du géant clermontois du pneumatique dans l’Indochine des années 30. Les insurrections créent des tensions de toutes parts. Les plantations d’hévéas de la famille Michelin et la survie des coolies qui y travaillent sont au cœur d’un débat politique. De plus, tout le monde ne voit pas d’un très bon œil les Lesage-Michelin dans l’industrie du caoutchouc local. C’est dans cette ambiance tendue et mouvementée que Victor et Jessie Michelin se rendent à Hanoï avec leur fille. Jessie va très vite faire la connaissance de Marcelle de Fabry qui est une femme au fort pouvoir de séduction et qui va lui faire entrevoir un autre côté de Hanoï, un côté plus voluptueux, plus charnel, qui flatte les sens mais cette opulence cache toutefois une réalité peu reluisante avec ses nombreuses rivalités et  jeux de dupes. On pleure, on rit, on espère.  Marcelle est-elle l’amie sincère dont Jessie a besoin ? Quel rôle vont-t-elles jouer dans cette fresque pleine de passions et de drames ? L’Annam est une fournaise prête à exploser, Jessie et Marcelle ont une vision du réel à l’aune de leur propre histoire. A travers ces deux héroïnes portées chacune vers un idéal, Karine Tanabe a su, avec une écriture rythmée et haletante nous rendre compte de la complexité des  aspirations du cœur et de l’esprit. C’est une œuvre romanesque très réussie où la tension est savamment distillée. Un très bon moment de lecture. Lu dans le cadre des lectrices Belfond VIP 2021.

Les heureux du monde de Stéphanie des Horts

Éditeur : Albin Michel (28/04/2021)

Les Heureux du monde - Stéphanie Des Horts

Sara Murphy , dès le début du roman dans une lettre adressée à  Scott Fitzgerald dit « qu’ ils sont les seuls,  elle et son mari Gérald à savoir où sont enterrées les cassettes chargées d’or et de pierreries, qu’ils ont sollicité une  place au soleil dans ce monde et qu’elle leur a été accordée ». Le décors est posé et à travers eux Stéphanie des Horts nous emmène flâner dans un monde irréel fait de fêtes, de grande insouciance et d’excès en tout genre. Un univers doré et pailleté où l’on rencontre Cocteau sans Radiguet, Paulo Picasso, Col Porter, Dos Passos, et Noureev.  L’athlétique Ernest Hemingway est l’ami de Scott Fitzgerald, l’un déteste les riches, l’autre les adore et tous les deux en abusent à loisir. « Ces heureux du monde » se retrouvent au château de la Garoupe chez les Murphy au bout du chemin des contrebandiers à la pointe du Cap d’Antibes, un endroit magique dont les allées sont bordées d’orangers, de palmiers et de lauriers roses. Scott commencera à écrire « tendre est la nuit » et fera de Sara et de Gérald les héros de son livre. Confidences, rivalités, séductions, amertumes, Francis Scott, Zelda,  Ernest H et les Murphy incarnent à eux cinq une époque, un milieu, avec ses mœurs et ses habitudes. Il y a des bouffées de souvenirs et de l’inattendu , Stéphanie des Horts nous livre de formidables pages sur les couples qui roupillent dans leur liaison et des glissements d’êtres hypersensibles qui sombrent dans l’hystérie. Sans parler de Zelda qui se perd peu à peu dans la folie, toujours soutenue par l’amour inconditionnel de Scott.  Puis les années passent, il y a de l’impétuosité, de l’emportement mais aussi du désespoir, de la douleur et quand le chagrin les poignarde, ils sont pleins d’affection les uns pour les autres. Toutes ces émotions sont magnifiquement bien décrites avec des mots pleins de ferveur meurtrie. Folie, fêtes, compassion et lucidité sont les qualités de ce beau roman. Stéphanie des Horts nous conte des vies endormies soudainement réveillées par une plume sensible et ravageuse.