Le berceau du monde

de Katherine Scholes

Les éditions Belfond le 06 mai 2021

Le Berceau du monde

Ce très beau roman de Katherine Scholes se joue à l’intersection de deux mondes, l’un est rationnel, scientifique, paléontologique, il  nous emmène dans la vallée du grand Rift sur les terres de la montagne sacrée de Lengaï, l’autre est magique, rempli de croyances ethniques et ancestrales. Les Hadzas peuple de chasseurs-cueilleurs  parlent même d’une grotte sacrée qui serait  cachée quelque part vers la base du volcan. Depuis les années 30 les Lawrence ont mené des recherches archéologiques dans la vallée de Magadi. Le père de Ian posait déjà fièrement en 1956 sur la couverture du National Géographique. Aujourd’hui Essie et  Ian vivent au camp de Magadi et c’est dans cette Afrique contemporaine que notre héroïne rencontrera le vieil homme qui bouleversera sa vie. Il n’y avait pas de nuages ce jour-là lorsque l’homme du peuple Hadza  s’est  avancé vers elle avec dignité. Il lui demanda de prendre soin de sa petite-fille jusqu’à la saison des pluies.  Essie eut un mouvement de recul mais une fois le bébé dans les bras elle accepta de veiller sur ce petit être fragile enveloppé dans une peau de babouin sans rien d’autre qu’un collier de graines séchées autour du cou. Cette maternité volontaire va frayer un chemin jusqu’au cœur d’Essie et va court-circuiter sa vie entière. Des histoires personnelles s’entrelacent ici et là pour nous conduire vers  des secrets enfouis puis révélés. Katherine Scholes fait craquer tous les vernis pour nous donner un texte âpre et tendre pour notre plus grand bonheur.  Son voyage littéraire vers la question des origines est servi par une écriture  poignante  accompagnée par des personnages empreints d’une humanité débordante.  L’observation, la poésie, la tendresse sont des moyens dont use l’auteure pour nous permettre de capter l’imprévisible.  Son talent d’écrivaine s’était déjà imposé à moi après avoir lu « la lionne » et « la reine des pluies ». L’Afrique est dans l’œuvre de Katherine Scholes une belle source d’inspiration qui me réjouit à chaque fois. « Le berceau du monde » est encore un coup de cœur lu dans le cadre des lectrices VIP Belfond 2021. Merci à Carine Verschaeve et aux éditions Belfond pour ce choix d’auteure et pour ce très beau texte.

Vaincue par la brousse

de Doris Lessing

Éditeur : J’ai Lu (11/09/2013)

Vaincue par la brousse par Lessing

L’histoire commence par la mort de Mary Turner. Moïse, le domestique noir se dénonce, nous sommes en 1940 en Rhodésie. Un domestique noir qui tue sa maîtresse pour ses bijoux c’est un peu simpliste vous ne trouvez pas mais cette explication convient à tout le monde.  Pourquoi ce dénouement tragique ? Nous allons découvrir au fil du récit que l’histoire n’est pas si simple. Avec  Mary nous entrons dans un roman noir où les personnages sont broyés par leurs démons.
Mary est élevée dans une famille pauvre avec un père alcoolique. Après la mort de ses parents, elle s’installe en ville, elle devient une jeune femme libre grâce à son travail et a beaucoup d’amis, mais il a suffi  d’une réflexion de l’un d’entre eux pour qu’elle veuille se marier sans tarder car une femme d’une trentaine d’années toujours célibataire c’est bizarre et choquant pour l’époque. Elle épouse « le premier venu »,  ce Dick Turner qui lui fait la cour et qui  l’aura séduite. Elle le suit dans la brousse, elle s’isole dans cette ferme avec un mari  incapable de la faire vivre décemment car  il est couvert de dettes. Elle souffre de solitude, de la chaleur, de l’incapacité de son mari à faire face aux difficultés de la vie. Elle renonce, elle ne se bat plus, elle n’en est plus capable. Mary déteste la brousse, l’Afrique et les noirs, elle reporte son mal être sur eux et particulièrement sur ses serviteurs qui ne restent pas à son service bien longtemps.  Son mari en a assez de ses emportements et finit par lui imposer un jeune noir, Moïse comme domestique.  Mais Moïse n’est pas comme les autres, très rapidement les rôles s’inversent, de dominé il devient le dominant. Moïse s’occupe d’elle, l’habille, la coiffe, la touche. On n’en saura pas plus sur leurs relations. Le physique de Moïse fascine Mary, va-t-elle soigner  ses  démons qui la hantent  ou bien sera-t-elle  soumise à son destin et se laissera-t-elle vaincre par la brousse ?
Ce livre décrit magnifiquement bien le système colonisateur où tous les hommes souffrent  de dominations quelles qu’elles soient c’est-à-dire : Le racisme (Mary hait les noirs, ils la « révulsent »), l’échec inéluctable des personnages, (Dick doit vendre sa ferme, Mary est assassinée) et les rapports de pouvoir (homme/femme, blanc/ noir, maitre/serviteur).
Doris Lessing , prix nobel de littérature en 2007 sait merveilleusement bien décrire la rudesse et la cruauté de la nature humaine avec un style non dénué de lyrisme.  Elle s’est largement inspirée de son expérience africaine et de ses années de jeunesse pour écrire ce livre.  Un livre d’exception.

En attendant Bojangles

d’Olivier Bourdeaut

Editions Finitude 2015

Je ne vous  cache pas que j’ai un petit faible pour ce livre depuis bien longtemps, qui décrit la vie d’une famille pas tout à fait comme les autres.  Dès la lecture de la première phrase on est poussé par une irrésistible envie de lire la suite… « Mon père m’avait dit qu’avant ma naissance, son métier c’était de chasser les mouches avec un harpon ».  Avec  « Mr Bojangles » la folie est un collier de perles sertis en cabochons  de lumineux et douloureux mystères que l’auteur égrène avec une vivacité déconcertante. Derrière chaque mot féroce et drôle se cache un moment de fête et  un amour absolu pour une femme feu follet qui veut changer de prénom chaque jour et qui demande à son fils de lui inventer des mensonges pour que la vie soit moins ennuyeuse. Elle est toujours accompagnée d’un bel oiseau exotique qu’elle nomme mademoiselle Superfétatoire, mademoiselle est  adorée, chouchoutée mais toujours égarée et affolée. Nulle autre écriture romanesque et  frénétique ne m’avait auparavant entraînée aussi loin vers un tel délire. Toutes les contradictions, les logiques viennent se heurter les unes contre les  autres comme révélées à travers un jeu de miroirs déformants. On y perd tranquillement son latin en passant du rire aux larmes avec cette mère qui ne respecte aucune convention sociale et qui est ivre de liberté. Mais jusqu’où l’entraînera cette folie ? Récit merveilleux et fantasque ! L’avez-vous aimé vous aussi ?

FLORIDA d’Olivier Bourdeaut

Éditeur : Finitude (04/03/2021)

Florida

Florida c’est l’histoire d’un énorme chagrin, le chagrin d’une petite fille transformée par sa mère en mini-miss. Florida c’est une mère agacée de voir sa fille toujours seconde sur le podium  laissant Elizabeth toujours esseulée avec sa peine et sa culpabilité de ne pas avoir été la première. La petite Elizabeth Vernn veut tellement plaire sans jamais y parvenir totalement qu’elle en est dévastée.  Elle cherchera toujours quelqu’un pour la rassurer et se laissera manipuler. Elizabeth vivait confinée dans la torpeur malsaine de son enfance entre une mère oppressante et un père absent quand la tornade des trahisons fait irruption dans sa vie. Sa mère devient Médée, mais c’est bien méconnaître ce que peut engendrer comme vengeance les blessures d’un corps et d’un cœur de petite fille. Tuer le transfuge, telle est l’obsession d’Elizabeth, sa volonté de vengeance n’a pas cessé d’agir sur son comportement et sur elle-même. Pour écrire ce thriller psychologique Olivier Bourdeaut s’est niché dans les corps maltraités, les corps accidentés, les corps abimés, les corps immolés sur l’autel des apparences. C’est un livre troublant, bien loin de la légèreté de « en attendant Bojangles ». L’auteur avec  ce texte âpre et avec une plume qui nous griffe est de taille à affronter tous les sujets avec brio.

Mémoire de soie d’Adrien Borne

J.-C. Lattès (19/08/2020)

Mémoire de soie

Ce 9 juin 1936, Émile a vingt ans et il part pour son service militaire. Pourtant, rien ne vient bousculer les habitudes de ses parents à La Cordot. Peu importe qu’il les quitte pour deux ans, pas de fierté ni d’inquiétude. Il faut dire qu’il n’y a pas de héros en uniforme chez eux, la Grande Guerre a épargné les siens, même si c’est un temps dont on ne parle jamais, pas plus qu’on évoque l’ancienne magnanerie, ultime fierté familiale où, jusqu’en 1918, on a élevé les vers à soie. Ce matin, sa mère n’a témoigné d’aucune tendresse particulière. Il y a juste ce livret, fourré au fond du sac de son fils, avant qu’il ne monte dans le bus pour Montélimar.

Mon avis :

Le titre est un art. Sa consonance mystérieuse, sa sensualité, sa texture éveillent un désir chez le lecteur, celui de savoir ce qui se cache au détour de ces deux mots. Tout commence par le départ d’Emile en 1936 pour le service militaire avec la découverte d’un prénom écrit sur son livret de famille qui n’est pas celui de son père. Puis nous entrons dans un univers clos et sombre celui de la magnanerie familiale dans laquelle une multitude de chenilles grossissent pour devenir des vers à soie et nous voyons comment la famille s’y prend pour nourrir et éduquer ces petits animaux  qui donnent  après des mois d’élevage cette matière noble. Nous faisons aussi la connaissance de Suzanne la mère d’Emile en 1914 orpheline et amoureuse. C’est dans ce contexte qu’Adrien Borne ouvre les portes d’un monde rural de l’entre- deux-guerres où les personnages apprennent à garder le silence dans les épreuves. Le silence fait partie de leur vie. La guerre, la menace imprévisible de la grippe espagnole, rien n’est laissé au hasard,  comment expliquer l’indicible, ce dont Suzanne ne peut parler (de ses secrets) , elle est contrainte de les taire malgré son  désir impossible de les dire, ainsi il faut bien se résigner.  Elle ne peut en parler parce qu’elle s’est engagée en son for intérieur  à garder le silence. Voilà pourquoi elle se tait, pour mieux s’accommoder à son genre de vie. Une belle écriture qui nous touche car ce qui est en jeu c’est le caractère abyssal de cette vie privée de liberté. Avec une belle écriture, Adrien Borne aspire le lecteur dans des pages graves et puissantes de la quête de soi.

HAMNET de Maggie O’Farrell

Editions Belfond

1er avril 2021

Hamnet

Hamnet est le fils de William Shakespeare et d’Agnès. Hamnet est une tragédie, c’est l’histoire de la perte d’un enfant, d’un fils qui va bouleverser l’existence  d’une famille. Le point du vue omniscient de l’auteure nous emporte dans les recoins de la pensée de chaque personnage.  Par un zèle incroyable Maggie O’Farrell  parvient à nous les faire aimer et elle rend ce grand poète dramaturge que l’on connaît  plus proche de nous. Agnès est notre héroïne c’est une mère atypique qui aime vivre loin de Londres, elle vit à la campagne accompagnée de sa crécerelle aux ailes repliées et aux serres d’ocre écaillées. Elle récolte son miel et cueille des plantes qu’elle utilise pour guérir les maux quotidiens de tous ceux qui souffrent. Agnès dans son enfance ne recevait que rarement des marques d’affection. On l’aime Agnès, on a une grande tendresse pour elle. En grandissant elle possède la particularité de pouvoir révéler le futur. Cette aptitude n’est pas très chrétienne disent les gens, elle semble ne pas être à sa place en ce monde. William est le précepteur de latin de la famille, fils d’un gantier fort peu aimé. Agnès et William auront trois enfants dont un fils Hamnet , garçon fort vif et d’une grande intelligence. C’est une histoire tragique par essence car l’amour, l’innocence perdue et la mort se font échos. Agnès recueille dans ses bras son fils de onze ans emporté par la peste. Elle est dépassée par ce que le destin exige d’elle mais elle fera face grâce au soutien de ses filles. J’ai été fascinée par la magie des mots qu’utilise l’auteure pour décrire la violence inouïe qu’est la perte d’un enfant. On sent que Maggie O’Farrell  rompt les amarres et s’abandonne à une écriture d’une beauté époustouflante pour décrire les émotions d’Agnès,  femme atypique, féérique, nourricière et maternelle qui lutte pour se libérer de ses démons intérieurs, Agnès la mère miracle dans les bras de laquelle Hamnet s’abandonnera pour toujours. Un coup de cœur Belfond.

Héroïnes

de Sarah-Jane Stratford

Parution aux Editions Belfond le 1er avril 2021

Héroïnes - Dernier livre de Sarah-Jane Stratford - Précommande & date de  sortie | fnac

« Ne cherchez surtout pas à plaisanter. Ce fut la première et dernière consigne de son avocat. Personne n’avait le droit de rire durant les auditions, et un  femme encore moins »

Sarah-Jane Stratford commence son roman par une phrase choc qui nous renvoie au combat féministe et aux thèmes parallèles que furent le Maccarthysme et la chasse aux sorcières dans le contexte de la guerre froide, comme un miroir rendu à la société américaine des années 50-60. Cette campagne déchaînant une fièvre de dénonciation va bouleverser la vie tranquille de Phoebe Adler, scénariste, qui est assignée à comparaître devant la commission parlementaire pour y être interrogée. Phoebe n’a rien à se reprocher, elle refuse de se présenter et de ce fait elle n’a pas d’autres choix que de fuir en Angleterre et c’est ce qu’elle fait.  Lorsqu’elle arrive à Londres, Phoebe rencontre Hannah, une productrice engagée qui aide les nouveaux blacklistés à trouver un emploi au sein de sa production TV. Phoebe est intelligente, charismatique, drôle,  enjouée, talentueuse et intrépide,  travailler sur un plateau de tournage lui convient parfaitement et ne lui  fait pas peur. Dans ce contexte délétère et de suspicion un sentiment d’affection naît entre les deux jeunes femmes. Malgré son désir immense de rentrer en Amérique, Phoebe doit rester à Londres quelques temps pour se faire oublier, mais l’étau se resserre peu à peu autour du petit groupe. Un sujet difficile néanmoins bien traité par l’auteure en faisant apparaître des êtres qui tentent de sculpter leur vie avec un passé en lambeau et un avenir incertain.  Toutes les deux ont dû  lutter et extorquer les moyens de leur émancipation contre les pesanteurs et les résistances de leur époque. Sarah-Jane Stratford a su glisser des digressions amusantes ce qui en fait une lecture plaisante car aux détours d’une phrase elle nous dit comment s’habiller pour être accueilli sur un plateau de tournage et quelle garde-robe il faut avoir pour être acceptée. Ce roman met à jour les ambitions et les désillusions de nos deux héroïnes, leur solitude et leur soif d’amour et derrière ces portraits brossés sans concession, perce la tendresse de l’auteure pour ces femmes déterminées,  révélées aussi dans leur fragilité. Lu dans le cadre des lectrices VIP Belfond et comme toujours ce fut une belle découverte.

L’amour au temps des éléphants

d’Ariane Bois


Éditeur : Belfond (14/01/2021)

L'amour au temps des éléphants - broché - Ariane Bois - Achat Livre ou  ebook | fnac

Cette histoire part d’un fait divers déchirant, celui de la pendaison d’une éléphante dans le Tennessee en septembre 1916 coupable d’avoir tué un homme qui l’avait malmenée. Un assassinat qui dévoile la violence et la lâcheté des hommes. C’est aussi la rencontre de trois personnages qui ne se connaissent pas et qui seront présents lors de cet assassinat.  Arabella sudiste en rébellion contre ses parents protestants rigoristes exaltée et indépendante est bouleversée par cette pendaison et veut sauver les éléphants enfermés dans les cirques, Jérémy journaliste de terrain qui veut à tout prix partir loin de sa famille  pour couvrir la guerre qui se déroule en France et Kid, descendant  d’esclave, ouvrier agricole, qui après avoir vu la pendaison bouscule malencontreusement une femme et pour cela il devra fuir pour échapper à un lynchage.  Ils se retrouvent quelques temps après par hasard dans le Paris des années 20 et dans les boîtes de jazz après avoir connu les horreurs des tranchées. Nous survolons un peu trop ces deux périodes, c’est dommage car ça méritait quelques pages supplémentaires non seulement pour décrire certaines situations poignantes mais aussi pour expliquer  les  motivations de nos trois personnages bref donner à voir un peu plus dans le réel. Donc après avoir survolé le Paris des années folles, Arabella, Jérémy et Kid nous emmènent au Kenya et là je me suis intéressée au  récit. Ariane Bois fait très bien défiler l’Afrique avec les luttes intestines des colons anglais gorgés de suffisance, comptant sur leurs cancans et leurs dépravations pour exister.  L’histoire d’amour d’Arabella pour les éléphants  prend forme et consistance dans  ces pages qui distillent un message d’humanité envers  ces animaux gigantesques et attachants qui sont là encore cruellement touchés par le braconnage. Mais vous l’aurez compris il m’a manqué  un petit quelque chose pour accrocher pleinement à cette histoire.

Tout ira mieux demain

de Betty Smith

Tout ira mieux demain | Lisez!

« Regardez les choses comme si vous les voyiez pour la première ou la dernière fois et le temps que vous passerez sur terre sera rempli de bonheur »

Il n’y a que bienveillance dans l’écriture de Betty Smith pour rendre vivant les détails de la vie quotidienne de ses personnages.

En 1920 la vie n’est pas rose pour la petite Margie Shannon qui essaye par tous les moyens de faire plaisir à tout le monde et d’être comme il faut pour ne pas mettre en colère sa mère plutôt autoritaire. Plus tard, lorsqu’elle devient une jeune fille indépendante grâce à son travail  elle acceptera encore de donner son argent à ses parents et se contentera de peu. Simplement pour avoir  un nouveau manteau pour l’hiver elle doit se battre avec sa mère et la discussion la rend malade. Bah ! dira-t-elle, alors un jour plus tard tout ira mieux.  Margie a toujours le sens de la formule, « tout ira mieux demain », ses émotions et ses sentiments intimes sont pourtant bien malmenés.

Il y a un mélange de lyrisme romantique avec l’exaltation des sentiments personnels et  une perception d’étouffement où s’usent les illusions dans cette littérature culture pop des années 50. Le contraste est absolu dans les scènes de la vie conjugale qui sont bien éloignées des nôtres.  Autres époques, autres mœurs. Cependant Betty Smith a le pouvoir de toucher les âmes sensibles et délicates et toutes celles  qui n’ont pas oublié combien il est parfois douloureux de passer de l’enfance à l’âge adulte.

C’est une peinture étonnamment juste d’une époque révolue. Un roman vintage, désuet et plein de charme qui fait du bien,  un manchon de nostalgie et de douceur. Un récit, qui sous des allures de comédie romantique parle de la condition féminine et de leur éternel besoin d’amour.

Revisitez vos classiques avec Belfond Vintage !

Betty Smith avis de décès - Houston, TX

Betty Smith, née à Brooklyn le 15 décembre 1896 et morte à Shelton, dans le comté de Fairfield, le 17 janvier 1972, est une écrivaine américaine.

Le chant de la rivière d’Hannah Richell

Editions Belfond parution le 4 mars 2021

Livre: Le Chant de la rivière, Hannah Richell, Belfond, 9782714494160 -  Leslibraires.fr

« Quand elle dort, les bruits, les odeurs, les couleurs du passé remontent à la surface  et tout ce qu’elle a cru enterrer,  la submerge. » Dès l’incipit Hannah Richell nous ouvre la porte du roman. Voyage dans le passé, endroit retiré de la mémoire,  les souvenirs enfouis dans les profondeurs de l’âme refont surface. Les souvenirs que Margot  a cru enterrer  sont à nouveau présents  lorsqu’elle revient à Windfalls dans  le manoir familial pour le mariage de sa sœur Lucy. Est-elle vraiment la seule coupable de ses actes et va-t-elle pouvoir dénouer ce nœud secret  qui la submerge ? L’avenir nous le dira peut-être, en attendant toute la famille se retrouve au grand complet pour la cérémonie de mariage. Il y a  Eve l’aînée qui se croit responsable de tout et qui veut tout contrôler, Lucy l’imprévisible qui annonce avec  précipitation et détermination son mariage, Margot la benjamine qui a un  tempérament de feu et Kit la mère écrivaine de renom et néanmoins excentrique qui  met toute  son énergie et son attention dans l’écriture de ses romans. Le chant de la rivière réserve bien des surprises aux lecteurs car nous entrons  dans l’intimité des personnages,  cela nous vaut de fines analyses et suscite aussi de subtiles réflexions sur l’amour que l’on a de soi-même et de l’attention qu’on porte aux  autres .  Les répercussions  et l’impact que peuvent avoir les secrets  et les non-dits au sein des  relations familiales sont terribles.  Dans son précédent livre « les secrets de Cloudesley » Hannah Richell s’interrogeait déjà sur le sens du mot culpabilité dans celui-ci elle creuse jusqu’à la racine d’un mot qui glisse de la banalité au cataclysme.   C’est l’addition de tous les non-dits et de leurs conséquences,  ainsi que  l’insistance mise en œuvre pour les préserver  qui fait que ces histoires de famille persistent pendant des décennies.  Tous les comportements des personnages sont décryptés avec une grande finesse psychologique de la part de l’auteure. Hannah Richell sait nous décrire avec brio les forces et les fragilités des filles Sorrell. Elle nous fait pénétrer dans leur espace intime, symbolique et romanesque de manière audacieuse et puissante. J’ai été passionnée par l’histoire de ces femmes  sans oublier les personnages secondaires qui sont  indispensables au bon déroulement du récit  car sans eux l’intrigue aurait été bien différente. Un coup de cœur pour ce roman paru aux Editions Belfond, lu dans le cadre des lectrices VIP 2021 et merci à Carine Verschaeve pour ses choix d’auteures.

Hannah Richell

Hannah Richell – HarperCollins